Lors de la cérémonie de dédicace de son joyau, ce qui aura le plus attiré l'attention des panélistes fut le genre choisi par Ibrahima Diouf pour exprimer sa vision du monde en cette période de pandémie liée à la Covid-19. Monsieur Ahmadou Tidiane Sy, journaliste et Directeur de l'école EJICOM (une école de journalisme) avoue avoir longtemps pensé qu'on aurait pu mettre "essai" au lieu de "roman", tant les propos partagés dans cette oeuvre sont vraisemblables ! Monsieur Moussa Ndiaye, responsable de la rédaction des éditions "Pour les Jeunes", lui, dit être fasciné par la capacité de l'auteur à organiser une trame autour d'un personnage presque réel pour relater des choses aussi factuelles et aussi actuelles telles que la recherche d'emploi, l'entrepreneuriat, le management des entreprises, les startups, etc. Pour lui, beaucoup de gens auraient pu choisir, à la place du roman, un essai, un genre épistolaire, une autobiographie… Eh oui, une autobiographie ! Certains ont trouvé que le parcours de Hamad, le personnage principal du roman, ressemble énormément à celui de l'auteur, Ibrahima Diouf. Ce dernier aura même été accusé par son ami d'enfance, Monsieur Ousmane Barro Dione, actuel Secrétaire général du Théâtre national Daniel Sorano, d'avoir voulu brouiller les pistes en présentant son personnage principal comme un supporter d'Arsenal pendant que lui est un fervent fan des "Reds" de Liverpool.
Dans ce roman, on assiste à une démythification du travail et du travailleur de certaines entreprises des secteurs du tertiaire. Ibrahima Diouf, à travers toujours son acteur principal nous en dit toujours à la page 63 : "On continue de faire semblant de tendre vers l’excellence en accumulant des certifications et des prix bidons alors que l’activité quotidienne est une activité de routine que n’importe quel élève de lycée bien accompagné est capable de dérouler. Tout le monde le sait. Mais tout le monde entretient le mythe qui frise un théâtre du seizième siècle." Ce tableau de l'entreprise, tel que peint par Hamad dans son monologue aurait pu renvoyer beaucoup de personne à l'entreprise publique au Sénégal, surtout quand on voit cet extrait de la page 91 où il nous dit que la "majorité a fait de l’intelligence relationnelle la seule intelligence qui compte. Elle prime sur toutes les autres. Un salarié n’a pas besoin d’être bon dans ce qu’il fait. Il a juste besoin d’avoir la faveur de la hiérarchie."
Mais loin de constituer juste un mur de lamentation, "Résilience" est un roman qui propose des solutions qui pourraient permettre à nos pays d'émerger enfin. Aux entreprises, il suggère une "humanisation" car "elle (l'entreprise) n’existe que par ses symboles, les hommes et les femmes qui la représentent et agissent à son nom. Son énergie vibratoire est le rendu de l’énergie vibratoire des humains qui y évoluent. Si ces humains développent des énergies positives, l’entreprise a une énergie positive. Si par contre ils développent des énergies négatives l’entreprise suffoque de l’intérieur et projette une mauvaise image ; d’où la nécessité de se centrer sur l’humain."
A nos Etats, il recommande un retour à la "Charte du Mandé" ou à la "Révolution Torodo" pour pouvoir aspirer à une meilleure résilience.
Enfin, Ibrahima Diouf rappelle aux sénégalais en particulier et aux africains en général, une série de tragédies pour nous pousser à une introspection, surtout en ces temps de covid-19, pour une résilience réussie.
Hamad qui a été en contact avec des personnes atteintes du Coronavirus dans un hôtel de Saly, est passé par toutes les émotions dans ce roman. Mais cela l'a poussé à puiser au fond de lui une force morale, mentale et psychologique qui va changer sa vie. De la réflexion philosophique intense au coup du destin matérialisé par le CEO (Chief Executive Officer. Directeur Général en français) qu'il devient après avoir acquis l'entreprise du "basketteur", Ibrahima Diouf nous dévoile sa croyance en Dieu, en ses miracles. "Derrière les nuages, se cachent en vérité les rayons du soleil. Mais ils ne brillent pas selon nos désirs et notre timing. Ils brillent selon l’agenda divin sur le chemin de ceux qui savent l’attirer par la patience, l’acceptation de ce qui arrive et la reconnaissance de ce qu’on a, quel que soit ce qu’on a." Par ces mots, l'auteur rompt avec le fatalisme constaté chez beaucoup de jeunes africains et partage ainsi son énergie positive, cette énergie qui doit nous pousser à nous surpasser pour atteindre les sommets, cette énergie positive qui attire la chance.
Au-delà de la trame remarquable de son histoire, Ibrahima Diouf a ébloui par sa capacité à transformer des dates anodines en évènements avec des éphémérides qui améliorent considérablement notre culture générale, mais aussi du fait du tableau réaliste et réel qu'il nous peint des pays aussi sous-développés que le nôtre; un pays pas du tout prêt, pas assez préparé non plus par ses élites à vivre des situations comme celle occasionnée par le coronavirus.
Le seul point noir que nous pourrions trouver à ce roman, c'est ce que certains pourraient considérer comme une stigmatisation des métiers et du secteur des assurances. Mais à l'image de tous les panélistes de la cérémonie de dédicaces de ce joyau, nous recommandons fortement ce livre aux jeunes (bacheliers, universitaires, chercheurs d'emploi, entrepreneurs), aux conseillers en orientation scolaire et professionnelle, à tous ceux qui sont dans le monde du travail (public et privé).
Par Amadou Diégane Sarr


Merci Djegane, belle presentation. Bonne continuation pour l'edition "Pour les jeunes". Et felicitation a l'auteur.
RépondreSupprimerQue du bonheur
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