
Le Recteur de l'UGB et le Directeur du CROUS viennent d'être limogés et remplacés suite à la répression sanglante de pauvres étudiants qui réclamaient du pain pour se voir servir fatalement un menu toxique de gaz lacrymogène et de munitions mortifères.
Bien sûr il n'est point question de se réjouir du malheur des autres, notamment du départ de ces commis de l'État, qui doivent d"ailleurs accepter dignement de subir les conséquences de leurs propres erreurs en choisissant le recours à la violence dans un temple du savoir ou l'on ne doit célébrer que l'intelligence, l'excellence et la sagesse.
Il est tout de même souhaitable que cela puisse servir de jurisprudence en matière de pilotage des institutions et surtout de leçon et d'exemple à tous ceux qui sont investis du droit de faire appel à la puissance publique et d'agir au nom du peuple dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions.
Certes l'État a le monopole de la violence physique légitime comme le professe Max Weber mais loin de signifier que toute violence physique émanant de l'État est légitime il faut juste comprendre par là que celle exercée par un tiers est par essence illégitime. Autrement dit, nul autre que l'État ne peut légitimement faire usage de cette violence sauf dans le cas exceptionnel de la légitime défense.
l'État lui-même qui en détient le monopole ne doit en user qu'à titre exceptionnel dans des situations-limites.
Malheureusement beaucoup d'abus sont notés et il importe de rappeler, comme le suggère Rousseau, le contrat social qui lie le citoyen à l'État est rompu à partir du moment où ce dernier n'est plus garant de sa liberté et de sa sécurité.
Nous avons souvent assisté à des atteintes graves et flagrantes à la liberté et à l'intégrité physique de citoyens qui revendiquent des droits comme ce fut récemment le cas des enseignants à Ziguinchor et des élèves à Thiès, pour ne citer que ceux-là. Les uns réclamaient l'équité dans le système de rémunération et les autres le droit à l'éducation. Il y en a eu d'autres et ce fléau transcende ou traverse les régimes politiques que nous avons connus et #ça_ne_peut_plus_continuer.
Pour faire l'étiologie de la crise, il faut mettre en exergue le fait que le laxisme et les lenteurs administratives constituent aujourd'hui encore, comme par le passé, des facteurs conflictogènes.
À Saint-Louis tout est parti du retard de paiement des bourses et cela est inacceptable dans un État structuré où il faut rigoureusement établir un échéancier avec une précision géométrique pour que chaque citoyen rentre dans ses droits surtout lorsqu'il s'agit d'un revenu qui permet de faire face à des besoins organiques et vitaux dont la satisfaction ne saurait être différée.
C'est le lieu de signaler que même les enseignants du Supérieur sont presque toujours victimes de lenteurs avant le paiement de leurs salaires.
Nous pouvons comprendre aisément que malgré leur indignation, il leur est difficile d'être guidés par le soleil de la connaissance, de porter la toge et de descendre dans les rues à la fin de chaque mois pour réclamer du pain au risque d'ailleurs d'endurer l'humiliante épreuve de la course-poursuite face au probable déchaînement chaotique des forces de la nuit qui sont souvent présentes parmi nos forces de défense et de sécurité dont nous reconnaissons globalement le mérite et la bravoure.
Oui! Nous devons beaucoup aux forces de défense et de sécurité.
S'il nous est loisible de dormir chaque nuit dans la quiétude au point de faire de beaux rêves qui consolent et apaisent l'individu par l'assouvissement sur le mode symbolique de désirs non satisfaits dans la réalité, c'est parce qu'il y a de braves citoyens qui veillent.
Par conséquent il ne faudrait surtout pas que quelques cas de dérapage en service commandé qui nous irritent naturellement nous rendent si ingrats au point d'oublier les précieux services que ces valeureux hommes et femmes en uniforme nous rendent au péril de leurs vies.
Certains sont tombés dans les champs d'Honneur; le drapeau national et les armes à la main, tandis que d'autres en reviennent avec une infirmité chronique, voire définitive.
Il y a aussi ceux qui s'interdisent de se plaindre en évoquant dignement et avec enthousiasme leur nombre de citations dans les théâtres d'opérations en montrant fièrement leurs blessures guerrières.
Mais, chaque catégorie socioprofessionnelle a ses brebis galeuses qui, par incompétence, par fougue, par excès de zèle, par simple inexpérience ou juste par des vices qui leur sont propres peuvent commettre des actes isolés qui n'honorent ni n'agréent leur corporation, encore moins le peuple qui est leur raison d'être..
Précisons, au passage, que les forces loyales ne se déploient jamais sans recevoir l'ordre des autorités politiques ou administratives par la voie hiérarchique.
Pour poursuivre avec les facteurs conflictogènes, sans trop insister sur la longue grève du G6 où il a été beaucoup question de délais concernant la délivrance d'actes d'avancement, de reclassement, de titularisation, de validation et paiement de rappels , rappelons que depuis plusieurs années, le retard de paiement des indemnités du bac est l'une des principales sources de perturbation des enseignements dans le Secondaire alors qu'un protocole d'accord signé en décembre 2008 - dont certains points sont repris par un avenant signé le 17 avril 2009 - engage l'État du Sénégal à payer toutes les indemnités liées aux examens au plus tard le 30 novembre de chaque année.
Ces quelques exemples prouvent à suffisance que la gestion financière pose problème dans le secteur de l'Enseignement, et dans le sous-secteur de l'Enseignement supérieur public en particulier avec des dégâts collatéraux dans le Secondaire compte tenu de l'organisation du bac qui les rend interdépendants.
En définitive nous avons le devoir d'instaurer un management éthique de type participatif et anticipatif pour prévenir l'ensemble des facteurs susceptibles de déclencher des conflits dont on aura du mal à maîtriser les développements et les ramifications possibles une fois qu'ils surgissent brutalement.
Vous avez parfaitement raison, il faut inéluctablement un management participatif et anticipatif de toutes les affaires et de tous les services publics.
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