lundi 21 mai 2018

L’école à la rencontre du cinéma ou le cinéma à la rencontre de l’école ?

Entretien avec M. Hugues Diaz, Directeur de la Cinématographie


"De nos jours, avec l’évolution des technologies de l’information et de la communication (TIC), nos enfants consomment des images venues d’ailleurs avec des symboles et valeurs identitaires autres que les nôtres."



PLJ: Monsieur le Directeur, est-ce que c'est l’école qui va à la rencontre du cinéma ou est-ce que c'est le cinéma qui va à la rencontre de l’école ?

M. Hugues Diaz: Tous les deux concepts se valent car le cinéma et l’école entretiennent des relations de complémentarité. Le cinéma est somme toute un art basé sur l’image mais un outil précieux d’éducation et un excellent véhicule de valeurs, de civilisations, au service des individus et des peuples.
Donc, entre le cinéma et l’école, il est bien naturel d’envisager un partenariat intrinsèque basé sur une action pédagogique à tout point de vue.
Le projet « Pour les Jeunes » en est une illustration parfaite et contribue qualitativement à l’éducation des jeunes élèves par l’image.


PLJ: Est-ce que l’école et le cinéma sont compatibles?

M. Hugues Diaz: Absolument! L’éducation à l’image doit avoir comme point d’ancrage l’école. Encore  faudrait –il que les enseignants soient initiés à la chose.  De nos jours, avec l’évolution des technologies de l’information et de la communication (TIC), nos enfants consomment des images venues d’ailleurs avec des symboles et valeurs identitaires autres que les nôtres. 
Il est d’une impérieuse nécessité de former les enfants et les jeunes au décryptage du message imagé mais aussi les amener à être des créateurs actifs des images de nos propres sociétés.

PLJ: Et comment se porte le cinéma sénégalais?

M. Hugues Diaz: L’état du cinéma sénégalais n’est pas si alarmant même s’il faut reconnaitre que certains maillons de la chaine de l’industrie cinématographique nationale se sont disloqués, comme l’exploitation des salles de cinéma, aujourd’hui inexistante du fait de leur fermeture généralisée.
Mais, force est de constater que les cinéastes sénégalais, à travers l’émergence d’une jeune génération, réalisent et produisent des films qualitatifs qui sont sélectionnés dans les plus grands festivals internationaux.
Le problème du cinéma sénégalais, c’est en grande partie l’absence de vision stratégique et holistique qui devrait faire de ce secteur un véritable outil de développement économique, humain et socioculturel de notre pays, le Sénégal. Le reste relève de l’organisation méthodique, de l’audace et du sens de l’innovation car nous disposons de ressources humaines insoupçonnées.

PLJ: Envisagez-vous de travailler avec le ministère de l’Education pour une plus grande implication du cinéma dans les programmes scolaires?

M. Hugues Diaz: C’est notre souhait d’officialiser très rapidement  le partenariat entre le Ministère de la Culture et le Ministère de l’Education  pour donner forme et une cohérence dans l’interaction Cinéma et Ecole en vue de la construction d’un sénégalais nouveau, ouvert sur le monde mais ancré dans ses valeurs propres.
« Le cinéma n’est pas un divertissement mais un instrument de connaissance du monde. » nous avertit Rossellini."
Des expériences sont notées dans certains Centres culturels régionaux et établissements scolaires à Louga, Thiès, Ziguinchor, Dakar… où des actions sont mises en œuvre

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